Sans toujours le savoir, nous laissons entrer chez nous de nombreux polluants : produits de bricolage, de décoration, meubles, peintures, produits d'entretiens et cigarettes ! 

Tout ces éléments émettent de nombreuses substances polluantes potentiellement toxiques pour la santé. 

Sur le marché européen, on dénombrait récemment environ  100 000 substances chimiques. 

Pourtant, on ne connaît les effets sur la santé que de 3% d'entres elles et lorsque nous savons qu'elles sont nocives, on ne les retire pas nécessairement du marché. 

 

trichloréthylène

Le trichloréthylène est un solvant chloré utilisé principalement pour le dégraissage et le nettoyage des métaux. Il est aussi utilisé dans l’industrie du caoutchouc, des produits d’entretien, des peintures et vernis… Il est en cancérogène avéré pour l’homme (groupe 1 du CIRC) pour le cancer du rein. Des risques de cancer du foie et de lymphome non-Hodgkinien sont suspectés d’être associés à une exposition au trichloréthylène, mais les données scientifiques sont actuellement insuffisantes pour conclure. L’inhalation est la principale voie d’exposition au trichloréthylène. Pour la population générale, c’est l’air des espaces clos qui constitue la première source d’exposition (émissions intérieures et transfert de la pollution extérieure). 

Il existe plusieurs types de valeurs réglementaires qui visent à protéger les populations de l’exposition au trichloréthylène : valeurs guides pour l’air                                                                  intérieur, valeurs repères (population générale) et valeurs limites d’exposition professionnelle.

formaldéhyde


Le formaldéhyde, un composé organique volatil (COV) très souvent présent dans les vêtements synthétiques, car il confère aux tissus leurs propriétés : infroissable, résistant et hydrofuge. Ceci en fait donc un des polluants les plus courants de nos intérieurs. Il est assez présent dans nos maisons ou nos bureaux, car on y trouve de nombreuses sources potentielles : bois reconstitué (il sert de liant), textiles,  résines... De plus,  il est parfois utilisé pour produire des alcools industriels, de sorte qu'on peut aussi le trouver dans des savons, des détergents, des peintures, etc. Il se trouve dans bien des produits très utilisées par les industriels et qui se retrouvent dans les habitations :fabricants de peintures et matières colorantes - fabricants de panneaux en laminés et panneaux de particules (meubles, placards) - résines synthétiques, adhésifs (colle moquette...), revêtements, - fabricants de papier. Ainsi, il reconnu comme cancérigène est toujours présent dans de nombreux objets de consommation courante. Une étude a montré des liens entre les rhinites et les rhino-conjonctivites chez les écoliers et le niveau de formaldéhyde en classe. 

benzène

Le benzène est classé par le CIRC comme cancérogène avéré pour l’homme (groupe 1) sur la base de leucémies observées dans des études épidémiologiques et animales. L’inhalation est la voie principale d’exposition au benzène. Ses sources d’émission sont les processus de combustion (dont le tabagisme), le transport routier, et les activités industrielles. Entre 5 et 18% des leucémies seraient dues à une exposition professionnelle au benzène. Les employés les plus exposés sont ceux travaillant dans la fabrication, le transport ou l’utilisation de benzène, dans l’utilisation de carburants automobiles, et ceux manipulant du benzène pur (laboratoires). Les tableaux 4 du régime général et 19 du régime agricole reconnaissent (avec d’autres maladies hématologiques) les leucémies et le syndrome myéloprolifératif en tant que maladies professionnelles suite à une exposition au benzène.

xylène

Le xylène fait partie des produits chimiques abondamment rejetés par l'industrie dans l'environnement.  Il a un effet nocif sur la santé et notamment sur le cerveau. Ils varient selon le type et la durée d'exposition (aiguë ou chronique). Des niveaux d'expositions élevés pour des périodes même courtes peuvent entraîner des maux de tête, un défaut de coordination des muscles, des vertiges, la confusion mentale et des pertes du sens de l'équilibre. Des expositions à des taux élevés durant de courtes périodes peuvent occasionner une irritation de la peau, des yeux, du nez et de la gorge, des difficultés respiratoires, des problèmes pulmonaires, une augmentation des temps de réaction, une perte de mémoire, des irritations d'estomac et des altérations du fonctionnement du foie et des reins, voire la mort. 

Radon

Le radon est un gaz radioactif issu de la désintégration de l’uranium et du radium présents naturellement dans le sol et les roches. En se désintégrant, il forme des descendants solides, eux-mêmes radioactifs. Ces descendants peuvent se fixer sur les aérosols de l’air et, une fois inhalés, se déposer le long des voies respiratoires en provoquant leur irradiation. Le risque pour la santé résulte toutefois pour l’essentiel de sa présence dans l’air. Sa présence dans un bâtiment provient essentiellement du sol et dans une moindre mesure des matériaux de construction et de l’eau de distribution. Sa concentration dans l’air d’une habitation dépend ainsi des caractéristiques du sol mais aussi du bâtiment et de sa ventilation. Elle varie également selon les habitudes de ses occupants en matière d’aération et de chauffage. Les parties directement en contact avec le sol (cave, vide sanitaire, planchers du niveau le plus bas, etc.) sont celles à travers lesquelles le radon entre dans le bâtiment avant de gagner les pièces habitées. Son infiltration  est facilitée par la présence de fissures, le passage de canalisation à travers les dalles et les planchers. Le radon, qui s'accumule dans les sous-sols et les vides sanitaires, entre dans les maisons par différentes voies : fissures, passage des canalisations... Le renouvellement d’air est également un paramètre important. Au cours de la journée, la présence de radon dans une pièce varie ainsi en fonction de l’ouverture des portes et fenêtres. Sa concentration sera d’autant plus élevée que l’habitation est confinée et mal ventilée.